Du non dépôt de ma candidature à la présidentielle 2015

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Henri Tohou Du non dépôt de ma candidature à la présidentielle 2015

Ivoiriennes et ivoiriens;
Camarades militants et militantes;
sympathisants; fans clubs et amis,

Des mois avant la date du dépôt des candidatures à la présidentielle d’Octobre 2015, comme la plupart des prétendants à la magistrature suprême de notre pays, j’avais annoncé ma candidature.

Beaucoup sont ceux et celles d’entre vous qui m’ont joint pour avoir des précisions sur le non dépôt de ma candidature à la présidentielle d’Octobre 2015.Chacun y va avec ses interrogations.

Je voudrais en ce jour, chers compatriotes, chers militants et militantes, et chers amis, vous présenter toutes mes excuses pour votre attente déçue et peut être pour cette opportunité manquée.

Je voudrais solennellement vous indiquer que ce n’est pas le courage qui a fait défaut de mon coté. Le courage, je l’ai démontré de façon suffisante en Octobre 2010, en étant l’un des plus jeunes candidats à affronter les mains nues pendant la présidentielle, les trois grands; les trois leaders redoutables et redoutés de l’Afrique à savoir les Présidents GBAGBO; BEDIE et OUATTARA, dans un pays divisé en deux, avec une grande partie contrôlée par une rébellion armée.

La témérité, je l’avais poussée en faisant campagne sans garde armée dans les zones contrôlées par la rébellion armée et hostile.

C’est aussi avec une dose remarquable de courage que j’ai participé à trois reprises pendant une année durant aux législatives violentes, chaotiques et frauduleuses de FACOBLY aux frontières du LIBERIA. D’ailleurs, sur 9 candidats dans la course, 6 se sont retirés en abandonnant leur caution pour épargner leur vie. Mais de mon coté, j’avais décidé d’aller au combat, bien que la petite ville de FACOBLY soit transformée pour l’occasion en un nid de brigands, de loubards et des centaines de FRCI convoyés dans la zone pour gagner les élections par l’épée et non par les urnes.

Ivoiriennes et ivoiriens,
Ce n’est pas l’amour de notre peuple et de nos populations qui me manquait. L’amour pour notre peuple, je l’ai assez démontré en retournant en Cote d’Ivoire au chevet de nos populations entre Aout – SEPTEMBRE 2011, pour faire usage de ma petite influence et réputation en m’interposant entre les populations assiégées de Yopougon et les forces pro- Ouattara.

C’était d’ailleurs le meeting de rapprochement et de réconciliation que j’avais organisé à Yopougon SICOGI qui avait permis aux populations originaires du nord; aux ressortissants de la CEDEAO et aux populations de l’ouest, du sud et de l’est de sortir de leur maison respective pour se voir pour la première fois et se serrer les mains.

Au cours de ce meeting- aventure, le contenu de mon message était passé au tamis par plus de 500 FRCI qui n’attendaient qu’un seul mot déplacé pour en découdre avec moi. Mon message de réconciliation et de tolérance faisait aussi couler des larmes aux pauvres femmes qui venaient de perdre soit leurs enfants ou leur époux et d’autres criaient vengeance.

Cette aventure, Je l’avais entreprise à mes risques et périls au nom de l’amour de mon peuple et des populations. Sinon; après avoir échappé a tant de tentatives d’assassinats lors de la crise post électorale, rien ne pouvait me reconduire à Abidjan ou des hommes comme moi étaient soit malmenés, soit tués ou enlevés.

Ce n’est non plus le cautionnement de 20 Millions qui faisait le problème, car si les rebellions et les mouvements terroristes qui tuent et qui sèment la désolation reçoivent des soutiens financiers, ce n’est pas un jeune homme qui se bat depuis les années 90 pour le bien – être de son pays, et qui fut l’une des grandes stars de la présidentielle 2010 qui ne trouverait point d’appui financier pour une paix durable dans un pays important comme la Cote d’Ivoire.

MAIS…….
Peuple Ivoirien, Je me serais présenté à ces présidentielles si je vous aimais moins.
La réalité de la situation Ivoirienne, passée à une analyse sans complaisance, nous indique que la Cote d’Ivoire traverse une crise décennale, multiforme et multisectorielle qu’une simple élection ne peut résoudre, si d’ailleurs elle ne l’approfondit d’avantage, en offrant de nouveau, un autre spectacle macabre au reste du monde.

Je me suis battu comme je le pouvais pour une véritable réconciliation nationale; pour la recherche d’un compromis, en vue de tendre vers un consensus national gage d’une paix durable, favorable à l’amorce d’un développement intégré pour une économie beaucoup plus distributive.

Mais les forces en présence, ont décidé d’aller aux élections dans les conditions actuelles, avec de graves risques de dérapages, de soulèvements et d’affrontements sanglants.
Les 3000 vies que la crise antérieure a entrainé dans les fosses communes ne sont elles pas suffisantes pour qu’on apprenne de nos douleurs, et qu’on évite des aventures périlleuses à nos pauvres populations au nom d’une démocratie cannibalisée?
Ivoiriennes et ivoiriens;

Cette situation inquiétante et qui devrait inquiéter toute personne soucieuse de la vie humaine et du bien être des populations, m’a conduit à me poser cette question fondamentale. A savoir pourquoi je veux être président de la République
Ma réponse est que je veux être président pour améliorer les conditions de vie de nos populations, donc pour le bien être de ces populations.

Si alors l’analyse de la situation me démontre que je ne peux accéder au pouvoir sans occasionner la mort violente d’une partie des populations, je dois donc me retirer de la course pour rester fidele à mon objectif principal c’est à dire le bien être de nos populations.

Chers compatriotes, la situation actuelle présente de graves risques de violences inter- partis; interethniques et interrégionaux. J’ai donc décidé de ne pas sacrifier la vie de mes proches; de mes militants et de mes fans pour une question de fauteuil présidentiel; tout comme je refuse de voir mes militants dans l’obligation d’ôter la vie aux autres, soit pour protéger la leur ou pour me conduire au palais présidentiel.

Je reste cependant disponible pour toute autre action nationale , toute autre responsabilité nationale capable de rapprocher l’ensemble de la classe politique, des différentes régions et religions, pour la recherche d’un consensus national en vue de garantir une paix durable dans notre pays et dans la sous région.

Président Henri TOHOU DIP, LLM (London)
Juriste du droit international des droits de l’homme et politologue
Président de l’Union Socialiste du Peuple ( USP)
Promoteur de la Coalition pour une Paix Durable en Cote d’Ivoire CPD
Ex Candidat à la Présidentielle 2010 en Cote d’Ivoire.

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