Demande de libération des militaires Ivoiriens

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Demande de libération des militaires Ivoiriens

Je demande ce jour aux autorités ivoiriennes de procéder à la libération immédiate de tous les soldats détenus sur l’ensemble du territoire ivoirien pour dit- on crimes commis lors de la crise post électorale en Cote d’Ivoire.
Je demande par contre à la classe politique régnante dans son ensemble, de regarder dans le rétroviseur ivoirien pour se rendre compte de leurs propres crimes en privilégiant l’usage de la force pendant plus d’une décennie pour résoudre les problèmes politiques. Il est donc temps que cette classe politique assume ses responsabilités.
L’arrestation, l’inculpation et la condamnation des soldats Pro – Ouattara ces derniers jours, longtemps après celles des soldats pro- Gbagbo pourrait faire croire à la manifestation d’une volonté d’équilibrer la balance judiciaire dans notre pays, et de faire ainsi taire ceux qui accusaient les autorités ivoiriennes de pratiquer la justice des vainqueurs. La réalité est que la justice des vainqueurs qui est une grave injustice, vient de se faire remplacer par une autre forme d’injustice.
L’analyse de la situation politique de la Cote d’Ivoire montre clairement que la classe politique ivoirienne a privilégié l’épée par-dessus tout depuis le décès du père fondateur Houphouët. Ils ont causé morts et désolation sur leur route de la conquête du pouvoir en y entrainant des jeunes, civils tout comme militaires, transformés en des chairs à canons, des machines à tuer ou en de simples baillonettes.
Dites moi ce qui pourrait arriver au général DOGBO Ble s’il avait abandonné le président de la république et le palais présidentiel dont il avait la sécurité en charge, à l’approche des rebelles de la capitale Abidjan ?
Qui peut me dire ce qui pourrait arriver à Losseni FOFANA com zone de l’ouest (MAN) s’il refusait de faire mouvement vers Abidjan avec ses troupes pour disait- on y « neutraliser GBAGBO » ou s’il refusait de respecter les ordres de sa hiérarchie demandant de pacifier l’Ouest, or tout mouvement vers Abidjan ou toute pacification supposait par moments des combats en chemin contre un peuple hostile et intrépide, le peuple WE ?
Pourquoi ceux au nom desquels ces soldats ont agi sont dans leurs costumes ; dans leurs châteaux et dans l’aisance pendant que ces pauvres sont sous les verrous ?
Une bataille suppose au moins deux personnes ou deux groupes opposés. Une guerre suppose au moins deux groupes ou deux armées. Jamais je n’ai été témoin d’une guerre qu’on ferait tout seul, à moins que ce soit un entrainement, et même l’entrainement prépare au moins une confrontation entre deux groupes opposés. C’était donc injuste depuis lors, de procéder uniquement aux arrestations des pro- Gbagbo. Cet état de fait confirmait la thèse de la justice des vainqueurs, qui est une grande injustice. Mais vouloir se soustraire des critiques qui fusent de partout en jetant en prison quelques pauvres soldats, crée aussi une autre injustice : La Justice des ingrats. La justice des vainqueurs vient de se faire remplacer par la justice des ingrats.
Cette forme d’injustice, ajoutée au cas des ex combattants qui n’ont pas obtenu ce qui leur était promis, est de nature à causer de graves troubles à l’horizon.
La crise Ivoirienne ne peut trouver une solution durable à travers la détention de quelques personnes, ou à travers un simulacre d’élections Présidentielles. Car toute tentative de résolution d’un problème entraine désormais une série de problèmes majeurs.
Tournons donc le dos à la nébuleuse du moment, et orientons nous vers l’étoile polaire à travers la mise en place d’un gouvernement d’union nationale ou d’un gouvernement de transition dans lequel tous ensemble, on pourra résoudre les problèmes majeurs de notre pays.
Dieu vous bénisse et qu’il bénisse la Cote d’Ivoire !!!

Henri TOHOU Dip ; LLM
Juriste du droit international des droits de l’homme & politologue
Ex- candidat à la présidentielle ivoirienne 2010
Fondateur de la coalition pour une paix durable en Cote d’Ivoire (CPD)
Candidat à la présidentielle d’Octobre 2015

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