Appel du Président TOHOU à la mise en place d’une nouvelle coalition pour une paix durable en Cote d’Ivoire (C .P.D)

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Henri Tohou coalition pour la paix CI

Eminences, serviteurs du Dieu TOUT PUISSANT ;
Majestés, rois ; reines ; chefs coutumiers ; chefs des communautés et chefs des villages ;
Messieurs et mesdames dirigeants des partis et organisations politiques ;
Messieurs et mesdames représentants des organisations corporatistes et de la société civile ;
Organisations et mouvements de la jeunesse ivoirienne sur toute l’étendue du territoire national ;
Industriels et operateurs économiques ivoiriens ou étrangers exerçant sur le territoire ivoirien ;
Paysans ; paysannes et agriculteurs ivoiriens ;

La cote d’Ivoire, notre pays traverse une crise multisectorielle depuis plus de deux décennies.
Suite à la chute des cours mondiaux des matières premières, et de la mise en place du programme d’ajustement structurel imposé par les institutions de Bretton Woods à nos Etats comme solution à la crise économique, ses effets pervers ont entamé l’ensemble de nos institutions. Il s’en est suivi les licenciements abusifs des travailleurs ; chômage accru des populations actives urbaines et la réduction des salaires … etc. Le retour à la terre fut encouragé comme l’une des solutions à la grande crise qui sévissait dans les milieux urbains.

Malheureusement, cette orientation politico – économique décidée à la hâte fut source de nouveaux conflits, d’une part entre paysans et éleveurs, et d’autre part entre autochtones et allogènes, ou entre autochtones et étrangers. En conséquence, nous avons assisté dans les milieux urbains comme ruraux, à une vague de soulèvements des élèves, des étudiants, des travailleurs et de la population en général.

Profitant du vent de l’Est ; le discours de la Baule du Président Français suggérait de façon active aux dirigeants africains, le multipartisme et la démocratie comme solution à la crise qui secouait nos Etats, mais aussi comme condition d’assistance de la France.

Le décès du Président Houphouët, père de la Nation, garant de l’unité nationale, sans pouvoir designer son successeur, alors que les acquis du multipartisme arraché de hautes luttes par l’opposition de tendance socialiste ne s’étaient pas encore consolidés, ont entrainé la Cote d’Ivoire dans une guerre de succession entre Konan BEDIE, le dauphin constitutionnel et Alassane Ouattara le premier Ministre Historique d’Houphouët d’une part, et entre les deux et l’opposition historique dirigée par Laurent GBAGBO d’autre part.

Cette guerre de leadership qui s’est manifestée soit à travers une volonté de se maintenir au pouvoir par tous les moyens, ou d’y accéder par tous les moyens, a non seulement divisé notre jeune nation sur des bases ethniques, régionales et religieuses, mais aussi et surtout, elle nous a offert un coup d’Etat militaire en Décembre 1999 contre le Président BEDIE ; une rébellion armée qui s’est emparée de plus de la moitié du pays contre Laurent GBAGBO ; l’assassinat d’un ex chef d’Etat, le général Robert GUEI ; le placement de notre pays sous le chapitre VII de la charte des Nations Unies pour la première fois; Une guerre meurtrière, qui nous a arraché plus de 3000 vies, appelée crise post- électorale ; des violations massives et graves des droits humains tels les cas de Duekoue, Petit Duekoue, Guitrouzon ; Soumaye et Nahibly etc. ; le déplacement massif interne des populations ; l’exil de milliers de nos compatriotes dans les pays frontaliers ; la désintégration de l’armée nationale qui fait place à une armée de cousins ; l’usage des mercenaires étrangers dans le conflit ivoirien, pourtant interdit par notre constitution ; les viols comme armes de guerre; les cas graves de torture ; le bombardement du palais présidentiel par des forces étrangères ; l’arrestation et le transfèrement du président GBAGBO à la cour pénale internationale de la Haye ; les emprisonnements sans procès ; la désintégration de la confiance des uns envers les autres et l’installation de la méfiance instinctive à l’égard des voisins ; la pauvreté , la misère et le retour des méchantes maladies.

Ce ne sera donc pas étonnant de voir l’espérance de vie des ivoiriens chuter à 47 ans en 2008 alors qu’elle était de 56 ans en 1980 ; d’avoir de nos jours plus de 50% de taux de pauvreté ; d’avoir un taux de mortalité infantile plus élevé que celui de la Guinée Conakry (60,16/55,24) et un taux de mortalité maternelle plus élevé que celui du Burkina ; Togo et Sénégal. (400/300/300/370) ; et de nous positionner tout le temps parmi les pays les plus corrompus du monde.

En vérité, de son statut de pays modèle dans une sous région ravagée par les guerres, la Cote d’Ivoire a cessé de l’être pour devenir un pays ridicule par la faute de ses enfants assoiffés, insatiables, sinon envoutés par le pouvoir et les délices du pouvoir.

En réalité, cette crise qui n’a que trop duré, a affecté non seulement le corps, mais aussi l’âme de notre pays. Sa résolution, nécessite en fait la recherche d’un compromis, en vue de tendre vers un consensus national.
Aucun parti, aucun président si puissant soit il ne peut à lui seul résoudre les problèmes de notre nation désormais réduite en lambeaux. Seul le rassemblement de tous les fils et filles de notre pays autour d’une même table, peut permettre la résolution de la crise ivoirienne, pour enfin aboutir à une paix durable, donc à un climat favorable à l’investissement interne et externe, pour la création des richesses indispensables à l’élévation de notre pays au rang des pays émergents. Cela exige de la part des politiques, courage, humilité dans le réalisme.

Ce n’est ni dans le passage en force à travers un simulacre d’élections présidentielles ; encore moins dans les affrontements de rue sous forme de guérillas urbaines, que nous pouvons bâtir demain un monde meilleur pour nos enfants et petits enfants. Au Contraire, nous devons, et nous pouvons le bâtir sans canons et sans épées, avec la participation de tous, au profit de tous, en accordant des chances égales à tous nos fils et filles, et en assistant les plus défavorisés à atteindre leur potentiel, afin de créer une société dans laquelle chacun mènera une vie décente et humainement acceptable.

Convaincus que la mobilisation continue de l’opposition ivoirienne pour réclamer des conditions justes d’une élection transparente, et l’entêtement du pouvoir en place à l’organisation des élections présidentielles dans le statut quo, nous entrainera de nouveau dans une crise violente et générale, Nous lançons un appel à l’ensemble de nos populations à nous soutenir pour faire triompher l’option du juste milieu, en vue de rechercher un compromis, et tendre vers un consensus pour une paix durable, afin d’éviter une autre tragédie à notre pays et jeter ainsi les bases de l’unité nationale, indispensable à tout progrès économique et social inclusif.

Eminences, serviteurs du Dieu TOUT PUISSANT ;
Majestés, rois ; reines ; chefs coutumiers ; chefs des communautés et chefs des villages ;
Messieurs et mesdames dirigeants des partis et organisations politiques ;
Messieurs et mesdames représentants des organisations corporatistes et de la société civile ;
Organisations et mouvements de la jeunesse ivoirienne sur toute l’étendue du territoire national ;
Industriels et opérateurs économiques ivoiriens ou étrangers exerçant sur le territoire ivoirien ;
Paysans ; paysannes et agriculteurs ivoiriens ;

L’histoire récente et triste de notre pays, exige qu’on agisse maintenant et non demain ; ensemble pour sauver notre pays et nos enfants de violences politiques inutiles. Faillir de le faire s’apparenterait à un refus de notre part de protéger notre pays et nos enfants de violences graves, pendant que nous en avons la capacité.

Ensemble, bâtissons la Coalition pour une Paix Durable dans notre pays (C.P.D) pour un seul but : la mise en place d’un gouvernement d’Union Nationale dirigé par Alassane Ouattara, pour un mandat de 4 ans non renouvelable, composé des représentants des partis ayant participé à la présidentielle 2010 et/ ou aux législatives ; des ex candidats à la présidentielle ; des représentants de la société civile et des fils et filles de toutes les régions.

Notre enjeu est de ramener la fraternité au sein de la classe politique ; de réconcilier la Cote d’Ivoire avec elle-même et ses voisins ; de trouver des solutions idoines à nos problèmes en s’appuyant sur nos propres ressources et nos propres réalités, en faisant appel à tous nos intellectuels d’ici et d’ailleurs, afin de jeter les bases d’une paix durable en Cote d’Ivoire, propice au développement économique et social de tous et par tous.

En avant pour la coalition d’une paix durable (CPD)
En Avant pour une nouvelle Cote d’Ivoire, unie ; forte et prospère !!!!

Henri TOHOU (DIP ; LLM)
Juriste du droit international des droits de l’homme et politologue
Ex candidat à la présidentielle 2010
Candidat à la présidentielle 2015
Président de l’Union Socialiste du Peuple (USP)

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